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Journal Intime d'un référenceur (vol.3)


Et oui, ça continue ;)
Au menu : humanisme, chant grégorien, et souvenirs !
Si vous avez raté le début : c'est par ici
Bonne lecture !

deux mains - dessin d'Escher

Mercredi 30 Janvier : SMO humaniste

Je sens bien que j’ai une approche purement quantitative des réseaux sociaux. Donc obsolète.

J’ai un fichier Excel sur lesquels je marque le nombre d’abonnés de mes différents comptes Twitter, Facebook, Google+.

J’en ai de plus en plus, et je suis content. Et après ?


Qu’est-ce que ce nombre signifie ? A quoi cela me sert-il ? Qu’en faire ? Que dire à mes abonnés ?

Certes, je partage de temps en temps un lien avec eux. Parfois vers un de mes sites, ce qui me procure du trafic. Mais faute de créer un vrai contact humain, je sens bien qu’ils ne sont pour moi qu’un nombre, et que, juste retour des choses, je ne suis pour eux qu’un point.

Comment devenir une personne pour eux ? Comment passer du stade du point ou du chiffre à celui de la personne ? Voilà le véritable problème du SMO.


Vendredi 1er février : la honte

J’ai toujours fait des sites affreux. Pas beaux. Horribles. Pipi caca.

La raison en est simple : je ne parviens pas à distinguer le beau du laid, le bon goût du mauvais, ce qui réjouit l’œil de ce qui le blesse.

Je parviens vaguement à comprendre pourquoi il vaut mieux éviter de mettre des lampes léopard dans sa chambre, ou une chemise violette avec des chaussures vertes, mais au-delà…

Ce pourquoi chez moi, il y a très peu de décoration : je ne prends aucun risque ^^


J’ai transformé cette faiblesse en atout.

Une chose me sauve en effet : je n’ai aucun complexe à mettre en ligne mes sites affreux. Je crée leur contenu, il se référence petit à petit, et gagne en ancienneté. Et quand je le peux, j’investis dans leur graphisme. Auprès de Liznogood, l’artiste qui a réalisé le beau graphisme de mon site professionnel (ou encore celui du site sur lequel vous vous trouvez en ce moment même !).

Rien de mieux en fait pour le référencement. Et pour l’action. Rien de plus paralysant que le perfectionnisme : attendre de mettre en ligne un site parfait, c’est repousser indéfiniment l’événement…

Alors que mettre un site en ligne affreux est un formidable appel à l’action ! Cela nous force à travailler à fond, afin de pouvoir investir dans son graphisme, et ainsi se défaire de notre honte, celle qui nous prend quand on évoque ce site.

La honte est un puissant moteur, souvent sous-estimé ^^


Jeudi 31 janvier : Deo Gratias

Rien de plus austère que rédiger des meta balises pour un site… Quand je dois faire ce type de travail aride, hop direction Deezer : je mets une musique de fond, seul moyen pour rendre l’exercice supportable…

Quel est le type de musique le plus adapté au travail de référenceur ? J’ai tout tenté, des poids lourds du pop rock (Doors, Pink Floyd,...) aux opéras de Wagner en passant par Dave. Après bien des essais, je suis arrivé à la conclusion que rien ne vaut les chants grégoriens ^^

Et je passe ainsi des après-midi entières, les yeux fixés sur mon ordinateur, à référencer des sites avec un chœur de moines en arrière-fond entonnant en latin « Ubi caritas et amor, Deus ibi est… ». Parfois, j’ai un doute : suis-je bien normal ?



Le secret d'une

meta balise

bien rédigée


Lundi 4 février : Payer pour travailler

Je re-songe parfois à mes erreurs de débutant. Durant les trois premiers mois où je me suis lancé en freelance, j’avais très peu de contacts et de clients. J’ai répondu à une annonce pour devenir rédacteur web à distance, de l’agence X**. Mon interlocutrice me demande de passer à l’agence. C’est à Paris, et je suis à Montpellier, tant pis ! Je prends le TGV, direction la capitale. Arrivé à l’agence, une dame aimable me reçoit et me donne tous les détails. J’apprends que je serai payé 5 euros le texte de plusieurs centaines de mots, 4 euros si le texte est jugé de mauvaise qualité.

Après quatre mois de bons et loyaux services, je rends mon tablier, épuisé. A ce tarif-là, impossible de s’en sortir.

Je m’aperçois que j’ai gagné juste assez pour rembourser le billet de TGV que j’avais dû prendre pour me rendre là-bas… J’ai payé pour travailler !

Pourtant, je reste satisfait de cette expérience, car cela m’a permis d’apprendre les techniques d’optimisation utilisées par une agence web (en particulier le crosslinking, pour la création de liens internes). Bref d’avoir un regard sur des pratiques du métier gardées secrètes à l’œil du profane. De quoi peaufiner mes propres offres ;)


Mardi 5 février : Souvenirs, souvenirs (suite)

Je vous ai déjà parlé du jour où je me suis rendu pour la première fois sur Internet. Mais il ne s’agissait que d’un bref aperçu, qui n’a pas duré plus d’une heure.

Ce n’est que cinq ans plus tard, vers 2003, que j’ai vraiment découvert le web. Là, j’ai surfé pendant plusieurs jours. Je me rendais près d’un cybercafé près de chez moi, et je regardais un peu ce qu’on pouvait trouver sur cet étonnant outil.

En 2003, il y avait déjà beaucoup plus de sites. Caramail, Lycos, Yahoo, Voilà, étaient les grands noms de l’époque. Le fameux graphisme « Web 1.0 » était roi : la mode était aux pages « sapins de Noël » avec des dizaines de GIF clignotants.

La grande tendance, c’était les forums, et les tchats. Quand j’ai découvert ça, j’étais dingue ! J’ai commencé par m’amuser à faire peur à un membre du chat (je connais ton nom et ton adresse, etc.) puis j’ai trouvé plus intéressant de draguer les filles au pseudo évocateur (du type Miss69).

J’ai passé des heures entières à tchater, principalement sur les communautés « Voilà » (à l’époque, un site en pleine gloire).

Puis j’ai soudainement trouvé cela complètement dénué d’intérêt et j’ai abandonné.

Je me suis également pour la première fois créé une adresse mail. Mais cela ne me servait à rien, parce que mes amis n’allaient pas sur Internet.

Bref, mail, tchat et forum furent les trois éléments marquants de mon second rapport au web. Chacun fut une déception. J’abandonnais donc Internet, pensant que c’était définitif et que cet outil n’avait aucun avenir…. J’étais à mille lieux d’imaginer que six ans plus tard, j’en ferai mon métier.

Mais ceci est une autre histoire… ;)

> Si vous voulez lire la suite : par ici la visite !


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Commentaires   

 
#1 Video Distribution 06-02-2013 17:55
Attention Cyril, on va finir par s'habituer à ce format de réflexions SEO-esque au jour le jour ;-)

Il va falloir assumer et nous pondre ça tous les jours d'ici pas longtemps :D

Dans tous les cas, encore une fois, ce fut une lecture agréable, drole mais également intrsuctive ! Merci et bonne continuation avec ce format. On est nombreux à te suivre ^^
 
 
#2 Cyril 07-02-2013 16:15
Merci pour ces encouragements :) Du coup il va falloir un jour que j'écrive un article sur HeyWatch, depuis le temps !
 
 
#3 Jean 07-02-2013 21:27
:D Je ne savais pas que tu étais proprio de webmaster-lyon et lesphilosophes : je connais ces sites car tu as spamco un de mes blogs (lien vers les-philosophes ), en utilisant ton vrai mail (whois), et en indiquant un prénom de fille.
Ca a bien fait marrer les copains, merci !
 
 
#4 Cyril 07-02-2013 22:06
Ah ah, en mettant un prénom de fille, ça passe mieux ;)

Et j'ai pas fait de spam, j'ai dû mettre un commentaire utile, de type "merci pour cette analyse, et pour plus d'infos voir [mon site]" ^^
 
 
#5 Animation Artistique 08-02-2013 00:49
Avec ce troisième épisode voici enfin le prequel de la série, la préface de ce journal intime...
Car on tombe presque ici dans le néo-réalisme originel. Tout ce qui a prédestiné Cyril à sa quête de liberté pour une carrière de référenceur enfin libre dont les prochains épisodes de ses pérégrinations ne sauraient que prouver cette libération, tout ce qui est en germe est ici dans le vol. 3.
Donc effectivement, honte à nous, honte à nos réseaux sociaux associaux car pleins d'absents, honte à notre volonté de perfectionnisme et d'esthétisme jamais rassasiée, honte à notre auto-soumission aux critères de fichage et balisage en tous genres, honte à notre soif de communication universelle jamais quantifiée... Et pour la petite histoire, honte de se faire exploiter pour un AR de TGV.
Mais si nous allons vraiment survivre aux drames du web sans en souffrir vraiment c'est que nous sommes humains allant sans croire en rien sinon qu'en nos idées.
Vive la phi-SE-o!
 
 
#6 Cyril 08-02-2013 07:57
:lol: Ca c'est du commentaire ! J'en suis pantois, bigre !
 
 
#7 Hugo 09-02-2013 11:17
Ah un collègue montpellierain ! C'est tellement rare de lire un gars du sud.

Ton journal intime m'a donné le sourire et m'a rappelé pleins de souvenirs (notamment au début d'internet pour tous).

Il est clair que 5 euros l'article, ça pique un peu pour gagner sa vie.

Au plaisir de te relire et bon courage !
 
 
#8 Cyril 11-02-2013 16:03
@Hugo : le Sud en force !
 

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