Le syndrome de la chouette de Minerve

la chouette de minerve d'un référenceur

 

Beaucoup de webmasters ou propriétaires de site ont installé sur leur site une solution Webanalytics, leur fournissant des informations comme le nombre de visites sur leur site, le profil des visiteurs, etc.

Chacun d’eux connaît le caractère très addictif de ces Webanalytics...

Qu’il s’agisse d’Urchin, Piwik, Live Stats, ou du plus connu : Google Analytics, le premier réflexe du propriétaire d’un site le matin est d’aller consulter les statistiques de fréquentation de la veille. Avec en tête l’espoir que la courbe ait fait un nouveau bond, ou au contraire la peur d’une chute vertigineuse…

Certains poussent le vice très loin, en passant des heures à étudier les statistiques : comparaison entre deux semaines, entre deux périodes de l’année, analyse des mots-clés grâce auxquels les visiteurs ont accédé aux sites, profil des visiteurs, etc. On peut même savoir quelle est la résolution d’écran ou le système d’exploitation des ordinateurs de nos visiteurs.

Cela représente une véritable drogue, et l’on a basculé du côté obscur, quand on commence à se faire la remarque que ce mois-ci, les visiteurs ayant un Mac sont restés une seconde de plus en moyenne que les visiteurs munis d’un PC…

Jusqu’à présent, quelque chose venait limiter le caractère addictif de ces web analytics : le syndrome de la chouette de Minerve.

Cette expression est une référence à un passage des Principes de la philosophie du droit de Hegel : «Ce n’est qu’au début du crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol ».  Minerve est la déesse de la sagesse, la chouette de Minerve, la philosophie. Par cette phrase, Hegel souligne que la philosophie ne peut prédire un événement, encore moins le provoquer ; mais elle peut l’analyser, une fois celui-ci survenu, après coup. C’est là le rôle de la philosophie : réfléchir après coup à quelque chose, une fois que celui-ci s’est produit.

Comme la chouette du philosophe, qui ne prend son envol qu'à la nuit tombée, le référenceur ne pouvait auparavant analyser un événement qu'après que celui-ci se soit déroulé. Il fallait attendre minuit pour disposer du précieux rapport des précieuses statistiques de la veille. C’est cette limite qui empêchait une utilisation excessive des Analytics.

Or les webmasters, consultants en référencement et propriétaires de sites peuvent maintenant goûter à une nouvelle drogue : les statistiques Analytics en temps réel.

En effet, Google Analytics présente maintenant des résultats actualisés au jour le jour.  Certes, cela a plusieurs avantages, comme par exemple détecter dès que celui-ci se produit un phénomène de buzz, ou détecter le ralentissement anormal d'une activité sur un site (ce qui est révélateur d'erreurs 404 ou d'une pénalisation).

Mais cela est un danger pour le référenceur, qui le conduit à consacrer de longs moments à l’analyse plutôt qu’à l’action. On connaît la procrastination : remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même. Mais il existe d’autres processus par lesquels l’action est paralysée. Si l’on comptabilise les heures perdues par an, à effectuer tous les jours ce simple petit geste : regarder les statistiques de la veille, on s’aperçoit que cela se chiffre en centaines d’heure, qui auraient été bien mieux utilisées pour créer de nouveaux liens, de nouveaux textes, bref réaliser un travail effectif sur le site. Les statistiques s’en seraient d’ailleurs mieux portées.

Rien ne vaut l’action, et celle-ci ne doit pas être paralysée par l’analyse !

Les Webanalytics représentent, comme l’utilisation de Facebook ou d’autres réseaux sociaux, une tâche chronophage, peu utile au final, qui détourne des vrais impératifs d’une journée.

La solution la plus sage est probablement de se discipliner et de ne consulter qu’un rapport par mois sur le trafic d’un site, mais il faut avoir une grande force de caractère, pour résister à la tentation…

Jusqu’à présent, le référenceur était comme la chouette de Minerve. Une fois la nuit venue, il pouvait analyser l’événement, savoir ce qu’il s’était passé le jour précédent sur le site qu’il surveille et optimise. A présent, il peut survoler le champ de bataille en permanence et obtenir les résultats qui l’intéressent dès qu’il le souhaite. Est-ce une nouvelle arme qui l’aidera dans son travail ? Ou est-ce une perte de temps, une simple nouvelle source de distraction ?

A chaque référenceur freelance d’en décider… 

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